L'éolien offshoreLe vent en mer est plus fort, plus régulier et moins turbulent qu'à terre : le potentiel énergétique y est supérieur de l'ordre de 70 %. À cela s'ajoute un avantage d'intégration : au-delà d'une certaine distance, la courbure de la Terre et la faible visibilité en bord de mer rendent les machines quasiment invisibles depuis la côte. Différences entre éolien offshore et terrestreTrois différences majeures. La ressource d'abord : les facteurs de charge en mer dépassent largement ceux du terrestre, ce qui améliore la valeur de chaque mégawatt installé. La taille ensuite : les machines en mer sont beaucoup plus grandes, parce qu'il n'y a ni contrainte de transport routier ni voisinage immédiat. Le coût enfin, inverse : tout est plus cher en mer, fondations, pose, raccordement, maintenance. Les opérations dépendent des fenêtres météo, et un technicien ne se déplace pas en camionnette. C'est cet arbitrage entre une meilleure ressource et un coût d'installation supérieur qui décide de la rentabilité d'un parc. Fondations d'une maison
Le monopieu est le plus répandu jusqu'à une trentaine de mètres de profondeur : un tube d'acier de grand diamètre battu dans le fond marin. Il est simple et rapide à installer, et le battage produit un bruit sous-marin important, ce qui impose des mesures de réduction, rideaux de bulles, démarrage progressif, pour protéger les mammifères marins. Les fondations gravitaires reposent sur leur propre poids, en béton, et conviennent aux fonds durs. Les structures en treillis, ou jackets, montent plus haut et supportent mieux les profondeurs intermédiaires. Les fondations à succion s'ancrent par dépression, sans battage, ce qui règle une partie du problème acoustique. L'éolien flottantAu-delà de 50 ou 60 mètres de fond, poser devient déraisonnable. La machine est alors installée sur une plateforme flottante, ancrée au fond par des lignes. Trois familles de flotteurs coexistent : le semi-submersible, le spar, un long cylindre lesté, et la plateforme tendue. L'intérêt est considérable pour les pays dont le plateau continental est étroit : la Méditerranée et une partie de la façade atlantique française sont dans ce cas. L'assemblage se fait à quai, ce qui simplifie beaucoup les opérations, et le parc peut être éloigné des côtes. La technologie sort tout juste du stade des fermes pilotes. Raccordement au réseau d'énergieC'est un poste majeur, souvent sous-estimé dans les débats. Les machines sont reliées entre elles par des câbles inter-éoliennes, puis à un poste électrique en mer qui élève la tension, et enfin à terre par un câble d'export ensouillé dans le fond marin. Au-delà d'une certaine distance, le courant alternatif devient inefficace et l'on passe au courant continu haute tension, avec des stations de conversion aux deux extrémités. C'est ce qui explique une part importante du coût des parcs très éloignés. En France, le raccordement est à la charge du gestionnaire du réseau de transport, ce qui a été une évolution importante pour l'économie des projets. Cohabiter avec les autres usages de la merUn parc en mer occupe un espace partagé : pêche, navigation, défense, protection des milieux. Les débats français ont beaucoup porté sur la pêche, selon les parcs, elle est maintenue sous conditions ou restreinte. Les observations menées sur les parcs européens les plus anciens montrent des effets contrastés : perturbation pendant la phase de travaux, puis effet récif autour des fondations, avec une colonisation par la faune fixée et une concentration de poissons. La zone d'exclusion de la pêche au chalut y crée par ailleurs une réserve de fait. La planification de l'espace maritime, avec des documents stratégiques de façade, sert précisément à arbitrer ces usages en amont plutôt que projet par projet. |
